La seule question qui compte : le coût net
« Combien ça coûte ? » est la mauvaise question. La bonne, c'est : combien je récupère, net, une fois tous les frais déduits ? Un recouvrement gratuit qui ne récupère rien coûte 100 % de votre créance. Un recouvrement à 18 % de commission qui encaisse une facture que vous aviez abandonnée vous fait gagner 82 % de zéro espéré.
Gardez donc ce repère en tête tout au long de cet article : le tarif n'est qu'une variable. Ce qui détermine votre résultat, c'est le tarif rapporté au taux de récupération réel. Nous y revenons à la fin avec des chiffres.
payée en retard pèse sur la trésorerie des PME françaises. Le coût d'un impayé ne se limite jamais à la somme due : il faut y ajouter le temps de relance, le manque à gagner de trésorerie et, parfois, les frais de procédure.
Les trois postes de coût d'un recouvrement
Que vous gériez l'impayé en interne ou que vous le confiiez à un tiers, le coût se répartit toujours sur trois postes. Les connaître permet de comparer les devis sur une base honnête.
1. Le coût interne (le plus sous-estimé)
Relancer soi-même n'est pas gratuit. Chaque dossier mobilise du temps : appels, e-mails, courriers, suivi, parfois une relation client à ménager. Comptez en moyenne 2 à 3 heures par dossier réparties sur plusieurs semaines. À 50 € de l'heure chargée, un portefeuille de cinq impayés représente déjà 500 à 750 € de temps interne, sans aucune garantie de résultat, et au détriment de votre cœur de métier.
2. Les frais légaux et de procédure
Dès que l'amiable ne suffit pas, la voie judiciaire engendre des frais propres, indépendants des honoraires de votre prestataire :
- Frais de greffe : une requête en injonction de payer devant le tribunal de commerce coûte de l'ordre de 35 € HT. Devant le tribunal judiciaire, le dépôt est gratuit.
- Frais de commissaire de justice (ex-huissier) : signification de l'ordonnance, mise en demeure, puis actes d'exécution (saisie). Ces actes sont tarifés par décret.
- Frais d'avocat : uniquement lorsque la juridiction impose la représentation, ce qui reste rare pour le recouvrement de créances commerciales.
Point important : ces frais existent que vous passiez ou non par un cabinet. La vraie question est de savoir qui les avance et qui les supporte in fine.
3. Les honoraires du prestataire
C'est le poste le plus visible, et celui où les modèles divergent le plus. Voyons-les en détail.
Les modèles de tarification du marché
Trois grandes familles de tarification coexistent sur le marché du recouvrement B2B. Aucune n'est intrinsèquement « moins chère » : tout dépend de la nature et de l'ancienneté de vos créances.
| Modèle | Comment ça marche | À surveiller |
|---|---|---|
| Commission au succès | Un pourcentage (souvent 8 à 20 %) prélevé uniquement sur les sommes effectivement récupérées. | Le taux grimpe vite sur les petites créances anciennes. Vérifiez ce qui est inclus (frais de procédure ?). |
| Forfait par dossier | Un montant fixe par créance confiée, indépendant du résultat. | Vous payez même si rien n'est récupéré. Intéressant pour des créances importantes et solides. |
| Abonnement | Forfait mensuel couvrant un volume de relances, souvent pour la phase amiable automatisée. | Rentable à fort volume, mais s'arrête souvent avant le judiciaire. |
| Mixte (part fixe + succès) | Une part fixe modérée à la signature, puis une commission sur le récupéré. | Aligne l'engagement du cabinet et votre résultat. C'est le modèle Credencio. |
Le piège classique du « 100 % au succès, sans frais » : un cabinet qui n'est rémunéré qu'en cas de succès n'a aucun intérêt à pousser un dossier difficile jusqu'au judiciaire. Il encaisse les dossiers faciles et abandonne les autres. C'est exactement là que les créances les plus lourdes se perdent.
Qui paie quoi ? Le cadre légal
Beaucoup de dirigeants l'ignorent : la loi prévoit des compensations en votre faveur, et encadre ce que vous pouvez ou non répercuter sur le débiteur.
- L'indemnité forfaitaire de 40 € : entre professionnels, tout retard de paiement ouvre droit, de plein droit, à une indemnité forfaitaire de 40 € par facture pour frais de recouvrement (article L441-10 du Code de commerce).
- Les pénalités de retard : exigibles sans rappel, au taux prévu au contrat ou, à défaut, au taux directeur de la BCE majoré de 10 points. Elles s'accumulent jusqu'au paiement.
- Les honoraires de recouvrement amiable : en principe à la charge du créancier (article L111-8 du Code des procédures civiles d'exécution). On ne peut pas, sauf exceptions, les facturer au débiteur.
- Les dépens de la procédure judiciaire : peuvent être mis à la charge du débiteur condamné.
Autrement dit : l'indemnité de 40 € et les pénalités de retard viennent réduire le coût net de votre recouvrement. Un cabinet sérieux les réclame systématiquement au débiteur.
Trois exemples chiffrés
Reprenons le repère du début (le coût net) sur trois situations types. Les taux de récupération utilisés sont des ordres de grandeur de marché, qui se dégradent avec l'ancienneté de la créance.
| Situation | Géré en interne | Avec un cabinet (part fixe + succès) |
|---|---|---|
| Créance de 10 000 €, 4 mois | ~35 % récupéré ≈ 3 500 €, moins le temps interne | ~75 % récupéré ≈ 7 500 €, honoraires ≈ 2 350 € → net ≈ 5 150 € |
| Créance de 25 000 €, 8 mois | ~25 % ≈ 6 250 € | ~65 % ≈ 16 250 €, honoraires ≈ 5 425 € → net ≈ 10 825 € |
| Créance de 4 000 €, 14 mois | ~15 % ≈ 600 € | ~45 % ≈ 1 800 €, honoraires ≈ 724 € → net ≈ 1 076 € |
Dans les trois cas, le coût du cabinet est largement compensé par le surcroît de récupération. C'est la mécanique centrale du recouvrement professionnel : on ne compare pas un coût à zéro, mais à ce que vous auriez perdu en restant seul.
Estimations indicatives, hors taxes, à des fins d'illustration. Les taux réels dépendent du débiteur, du secteur et de l'ancienneté. Seul un examen du dossier permet un chiffrage fiable.
Le modèle Credencio : tout inclus
Notre tarification tient en deux nombres : 10 % HT à la signature du mandat, calculés sur la créance confiée, puis 18 % HT sur les sommes effectivement récupérées. C'est tout.
Surtout, nos honoraires couvrent l'intégralité de la procédure : courriers recommandés, frais d'huissier et de greffe, frais d'avocat lorsque la juridiction l'exige, de la première relance amiable jusqu'à l'exécution forcée. Aucune facture annexe ne tombe en cours de dossier. Ce qui est annoncé au mandat est ce que vous payez, et la part fixe reste la seule somme due si nous ne récupérons rien.
Vous voulez chiffrer votre propre cas ? Notre simulateur d'impayés calcule en direct votre coût net selon le montant, le nombre de dossiers et leur ancienneté.
Questions fréquentes
Le recouvrement se paie-t-il uniquement au succès ?
Pas toujours. Trois modèles coexistent : la commission au succès (un pourcentage sur les sommes récupérées), le forfait par dossier et l'abonnement mensuel. Beaucoup de cabinets, dont Credencio, combinent une part fixe modérée à la signature et une commission au succès, pour aligner leur engagement sur votre résultat.
Peut-on faire payer les frais de recouvrement au débiteur ?
En B2B, vous pouvez réclamer de plein droit une indemnité forfaitaire de 40 € par facture (article L441-10 du Code de commerce) ainsi que des pénalités de retard. En revanche, les honoraires d'un cabinet de recouvrement amiable restent en principe à votre charge (article L111-8 du Code des procédures civiles d'exécution).
Combien coûte une injonction de payer ?
Devant le tribunal de commerce, les frais de greffe d'une requête en injonction de payer sont de l'ordre de 35 € HT. Devant le tribunal judiciaire, le dépôt de la requête est gratuit. S'y ajoutent les frais de signification de l'ordonnance par commissaire de justice. Chez Credencio, ces frais sont inclus dans nos honoraires.